Le projet PROTECT-DTI vise à améliorer la prise en charge des patients traités par radiothérapie stéréotaxique intracrânienne, en intégrant l’imagerie IRM avancée de DTI (Diffusion Tensor Imaging) dans la planification des traitements. Cette approche permet de visualiser les faisceaux de substance blanche impliqués dans les fonctions neurocognitives, avec l’objectif à terme de mieux les préserver lors de l’irradiation.
En radiothérapie cérébrale, les progrès technologiques permettent aujourd’hui de délivrer des traitements de plus en plus précis. Toutefois, la protection des structures fonctionnelles cérébrales reste une piste d’amélioration des traitements majeure, notamment pour limiter les troubles neurocognitifs pouvant survenir après traitement. PROTECT-DTI repose sur l’hypothèse qu’une meilleure identification des voies de connectivité cérébrale pourrait permettre d’optimiser les plans de traitement, au-delà de la seule épargne des organes à risque anatomiques habituellement considérés.
Le projet s’inscrit dans une dynamique multicentrique et transfrontalière, associant des partenaires cliniques, académiques et méthodologiques du Grand Est et de la Grande Région. Il vise notamment à harmoniser les acquisitions IRM de diffusion entre les centres, à évaluer la reproductibilité des reconstructions tractographiques, puis à préparer l’intégration de ces informations dans les workflows de radiothérapie. Cette démarche sera complétée par la mise en place d’un essai clinique pilote, destiné à évaluer la faisabilité de cette approche en conditions réelles de prise en charge et à explorer son potentiel pour mieux préserver les fonctions neurocognitives des patients. Cette étape d’harmonisation et de validation clinique est essentielle, car l’imagerie DTI est sensible aux différences de protocoles IRM, de plateformes d’acquisition et de méthodes de post-traitement.
Porté par le CHR Metz-Thionville, le projet PROTECT-DTI s’appuie sur un consortium clinique transfrontalier de radiothérapie réunissant également l’Institut de Cancérologie de Lorraine, l’Universitätsklinikum des Saarlandes de Homburg, le Centre François Baclesse de Luxembourg, le CHU de Liège et le Grand Hôpital de Charleroi en Belgique. Ce consortium travaillera en lien étroit avec le Centre de Recherche en Automatique de Nancy (CRAN, Université de Lorraine / CNRS), pour son expertise en traitement du signal, modélisation et intelligence artificielle, ainsi qu’avec le CHRU de Nancy, notamment pour son expertise en neurologie, neuro-oncologie et évaluation neurocognitive. Cette structuration associe des compétences complémentaires en radiothérapie, imagerie IRM, physique médicale, neuropsychologie, méthodologie des essais cliniques et sciences des données, afin de construire une approche multicentrique robuste, harmonisée et transférable à la pratique clinique.
PROTECT-DTI s’inscrit ainsi pleinement dans les priorités de recherche translationnelle en cancérologie : rapprocher les innovations en imagerie, en traitement des données et en radiothérapie de la pratique clinique, avec un bénéfice attendu pour la qualité de vie des patients. Le projet contribue également à structurer une coopération durable entre les acteurs du Grand Est et de la Grande Région autour de la radiothérapie de précision et de l’imagerie avancée.
